Lorsque le Royal York ouvrit ses portes en 1929, il ne ressemblait pas simplement à un hôtel. Avec ses 28 étages, plus de 1 000 chambres, dix ascenseurs, un hôpital, une bibliothèque, une salle de concert et sa propre station de radio, il formait une véritable ville verticale.

Face à lui se trouvait la gare Union, nouvelle porte d’entrée monumentale de Toronto. Les voyageurs pouvaient descendre du train, traverser Front Street ou emprunter un passage souterrain, puis entrer dans l’un des hôtels les plus modernes de l’Empire britannique.

Près d’un siècle plus tard, les trains arrivent toujours à la gare Union et le Fairmont Royal York continue d’accueillir voyageurs, dirigeants, artistes et membres de la famille royale.

Ses abeilles produisent maintenant du miel sur le toit, ses bars servent des cocktails au cœur du quartier financier et, selon certaines histoires, un homme vêtu d’une veste bordeaux continue de parcourir les corridors du huitième étage.

Après le Château Laurier d’Ottawa et le Château Frontenac de Québec, notre voyage à travers les grands hôtels ferroviaires du Canada arrive à Toronto, dans un palais de l’âge du jazz construit pour impressionner une métropole en pleine transformation.

Table des matières

  1. Pourquoi le Royal York est si important
  2. Avant le Royal York, le Queen’s Hotel
  3. Un palace construit par le Canadien Pacifique
  4. L’inauguration de 1929
  5. Une véritable ville à l’intérieur de la ville
  6. L’hôtel et la gare Union
  7. Royauté, célébrités et grands événements
  8. Le Royal York pendant les moments difficiles
  9. Architecture et design
  10. Chambres, suites et Fairmont Or
  11. Restaurants et bars
  12. Piscine, entraînement et bien-être
  13. Le jardin et les abeilles du toit
  14. Mythes, légendes et fantômes
  15. Ce qu’il faut voir à l’intérieur
  16. Les attraits à découvrir autour de l’hôtel
  17. Ce qu’il faut savoir avant d’y séjourner
  18. Le Fairmont Royal York en vaut-il la peine?
  19. Le voyage ferroviaire se poursuit

Pourquoi le Royal York est si important

À Québec, le Château Frontenac domine le fleuve comme une forteresse. À Ottawa, le Château Laurier semble prolonger l’architecture du Parlement.

Le Royal York possède une personnalité différente.

Il n’est pas perché au sommet d’une falaise et ne cherche pas à imiter complètement un château français. Il s’élève au centre de Toronto comme un grand immeuble urbain de l’entre-deux-guerres, massif, vertical et conçu pour accueillir une ville en pleine expansion.

Lorsqu’il ouvrit en 1929, le Royal York était le plus grand hôtel de l’Empire britannique. Avec ses 28 étages, il devint également l’un des bâtiments les plus élevés du Commonwealth et domina brièvement la silhouette de Toronto.

Aujourd’hui, il paraît presque modeste au pied des tours de verre du quartier financier.

La Banque Royale, la tour CN, les immeubles de bureaux et les gratte-ciel résidentiels ont depuis longtemps dépassé sa hauteur. Pourtant, le Royal York conserve une présence que plusieurs bâtiments beaucoup plus grands ne possèdent pas.

Il se trouve exactement là où il devrait être, face à la gare Union, au point de rencontre des trains, du métro, du réseau piétonnier PATH et du centre financier.

Sa valeur historique vient autant de cette position que de son architecture.

Le Royal York fut construit pour représenter Toronto au moment où la ville souhaitait devenir une grande métropole internationale. Il accueillait les voyageurs à leur sortie du train et leur montrait immédiatement une vision ambitieuse du Canada urbain.


Avant le Royal York, le Queen’s Hotel

Le Royal York ne fut pas le premier hôtel à occuper ce terrain.

Le Queen’s Hotel accueillait déjà les voyageurs à cet endroit depuis le 19e siècle. Il était considéré comme l’un des meilleurs hôtels de Toronto et avait lui-même succédé à des établissements plus anciens.

La proximité des gares et du secteur commercial rendait le site particulièrement stratégique.

Au cours des années 1920, Toronto connut une croissance rapide. La nouvelle gare Union prenait forme de l’autre côté de Front Street et le Canadien Pacifique souhaitait remplacer le Queen’s Hotel par un établissement beaucoup plus imposant.

La compagnie ne voulait pas simplement rénover l’hôtel existant.

Elle annonça son intention de le démolir afin de construire le plus grand hôtel de l’Empire britannique.

Le projet devait symboliser la confiance économique des années 1920. Le nouveau bâtiment serait moderne, luxueux et suffisamment vaste pour accueillir des congrès, des bals, des concerts, des voyageurs ferroviaires et les élites de la ville.

Les travaux commencèrent en 1927.

Deux ans plus tard, Toronto possédait un nouvel hôtel capable de modifier à lui seul la silhouette du centre-ville.


Un palace construit par le Canadien Pacifique

Le Royal York fut développé par le Canadien Pacifique, la compagnie ferroviaire déjà responsable de plusieurs des plus grands hôtels du pays.

La stratégie demeurait semblable à celle utilisée au Château Frontenac, au Banff Springs et au Château Lake Louise.

Le chemin de fer transportait les voyageurs. L’hôtel les accueillait à destination. Ensemble, les deux services permettaient à la compagnie de contrôler une grande partie de l’expérience.

À Toronto, le contexte était cependant différent.

Le Royal York n’était pas conçu comme un château romantique dans une ville historique ou comme une retraite entourée de montagnes. Il devait fonctionner comme un grand hôtel urbain au cœur de la capitale économique du pays.

Les cabinets d’architectes Ross and Macdonald, ainsi que Sproatt and Rolph, participèrent à sa conception.

Ross and Macdonald avaient déjà acquis une grande réputation dans les domaines ferroviaire, commercial et hôtelier. Ils participèrent également à la conception d’autres établissements importants, dont le Château Laurier et l’Hôtel Saskatchewan.

Le Royal York fut construit avec une structure d’acier et revêtu de pierre calcaire. Sa silhouette combine la verticalité des premiers gratte-ciel avec des influences classiques et Château.

Le bâtiment devait paraître imposant, mais également permanent.

Il ne suffisait pas de construire le plus grand hôtel du moment. Le Canadien Pacifique voulait créer une institution.


L’inauguration de 1929

Le Royal York ouvrit officiellement ses portes le 11 juin 1929.

La construction avait coûté environ 16 millions de dollars, une somme considérable à la fin des années 1920.

Le gouverneur général du Canada, lord Willingdon, devint le premier client officiellement enregistré.

La journée d’inauguration comprenait des visites, des réceptions et un grand bal auquel participèrent plus de 2 000 invités. L’événement fut présenté comme l’une des soirées mondaines les plus importantes de l’histoire de Toronto.

L’hôtel comptait 1 048 chambres.

Chacune possédait une radio ainsi qu’une salle de bain avec douche et baignoire privées, un niveau de confort exceptionnel à une époque où plusieurs hôtels proposaient encore des salles de bain partagées.

Dix ascenseurs transportaient les clients à travers les 28 étages.

Le complexe comprenait également une salle de concert, une immense cuisine, une bibliothèque contenant environ 12 000 livres, un hôpital de 12 lits, des commerces, des salons et une centrale téléphonique d’une longueur d’environ 20 mètres.

L’hôtel avait même prévu suffisamment de services pour qu’un client puisse théoriquement y séjourner sans avoir besoin d’en sortir.

Quelques mois après son ouverture, cependant, le krach boursier d’octobre 1929 mit fin à l’optimisme économique des années folles.

Le Royal York venait d’ouvrir au sommet d’une époque qui allait brutalement s’achever.

Il survécut à la Grande Dépression, puis à la guerre, aux transformations de Toronto et au déclin progressif du transport ferroviaire de luxe.


Une véritable ville à l’intérieur de la ville

Le Royal York fut rapidement décrit comme une ville à l’intérieur de la ville.

Cette expression n’était pas qu’un slogan publicitaire.

L’établissement possédait presque tout ce dont un voyageur pouvait avoir besoin : chambres, restaurants, bars, boutiques, soins médicaux, services de communication, divertissement et accès au transport.

Sa cuisine était considérée comme la plus grande cuisine d’hôtel au Canada. Sa boulangerie pouvait produire des milliers de petits pains chaque jour pour les restaurants, les banquets et les services ferroviaires.

La salle de concert possédait une scène, un balcon, des lustres de cristal et un immense orgue fabriqué par Casavant Frères au Québec.

Avec ses cinq claviers, ses nombreux jeux et son poids impressionnant, l’instrument comptait parmi les plus remarquables du pays.

La salle accueillit le bal d’ouverture du 11 juin 1929 et continua ensuite à recevoir spectacles, conférences, réceptions et événements privés.

Le Royal York possédait aussi sa propre station de radio.

De 1930 au milieu des années 1930, la station CPRY, dont les lettres rappelaient Canadian Pacific Royal York, diffusa des émissions depuis l’hôtel. Des spectacles présentés dans l’Imperial Room pouvaient ainsi être entendus bien au-delà de Toronto.

Bien avant l’apparition des hôtels intégrés aux grands centres de congrès, le Royal York fonctionnait déjà comme un univers complet.


L’hôtel et la gare Union

La relation entre le Royal York et la gare Union constitue l’un des meilleurs exemples de la logique des hôtels ferroviaires canadiens.

La gare se trouve directement en face de l’hôtel.

Les voyageurs arrivant à Toronto pouvaient sortir du train, traverser Front Street et entrer presque immédiatement dans le Royal York. Un passage souterrain permettait également de relier les bâtiments à l’abri de la pluie, de la neige et de la circulation.

Ces passages font aujourd’hui partie du réseau PATH, la vaste ville piétonnière souterraine de Toronto.

La gare Union demeure le principal carrefour ferroviaire de la ville. VIA Rail, GO Transit, UP Express, le métro de Toronto et plusieurs services régionaux s’y rencontrent.

Il est donc toujours possible de vivre une version moderne de l’expérience originale.

Un voyageur peut quitter Montréal ou Ottawa en train, arriver à la gare Union, traverser la rue avec ses bagages et entrer au Fairmont Royal York sans utiliser de voiture.

Le lien ferroviaire n’a pas été transformé en simple souvenir historique.

Il continue de définir l’utilité et l’identité de l’hôtel.


Royauté, célébrités et grands événements

Depuis son ouverture, le Royal York accueille les visiteurs les plus importants de Toronto.

La famille royale britannique y a séjourné à plusieurs reprises. La reine Elizabeth II choisissait traditionnellement le Royal York pendant ses passages dans la ville et occupait la Suite Royale.

Lors des visites royales, un étage pouvait être réservé pour la souveraine, sa famille, son personnel et les services de sécurité.

Le choix du Royal York avait une valeur pratique, mais également symbolique. L’hôtel portait le mot Royal dans son nom, avait été construit dans l’Empire britannique et occupait l’une des adresses les plus prestigieuses du Canada.

Des chefs d’État, des premiers ministres, des diplomates, des dirigeants d’entreprise, des acteurs et des musiciens ont aussi séjourné dans l’établissement.

L’Imperial Room devint l’un des lieux de spectacle les plus importants de Toronto. De grands artistes de jazz, de musique populaire et de cabaret s’y produisirent au fil des décennies.

L’hôtel continue d’occuper une place centrale pendant le Festival international du film de Toronto. Acteurs, équipes de production, journalistes et invités de l’industrie fréquentent alors ses chambres, ses salons et ses bars.

En 2010, le Royal York accueillit également des délégations et des activités liées au sommet du G20 de Toronto.

Tout comme le Château Laurier à Ottawa, il fonctionne parfois comme une extension informelle du pouvoir, de la culture et des affaires.


Le Royal York pendant les moments difficiles

L’histoire d’un grand hôtel ne se limite pas aux bals et aux visites royales.

Le Royal York a également joué un rôle pendant certains des moments les plus difficiles de Toronto.

Le 17 septembre 1949, le paquebot de croisière Noronic prit feu dans le port de Toronto.

Le navire transportait des centaines de passagers et la catastrophe fit 118 morts. Elle demeure l’un des incendies maritimes les plus meurtriers de l’histoire canadienne.

Après l’incendie, le hall du Royal York fut transformé en centre d’urgence. Des survivants y furent dirigés et des soins y furent prodigués.

La proximité du port, les dimensions de l’hôtel et ses installations permettaient de recevoir rapidement un grand nombre de personnes.

Le bâtiment qui accueillait normalement des voyageurs, des banquets et des spectacles devint temporairement un lieu de secours.

Cet épisode rappelle que les grands hôtels urbains occupent parfois une place beaucoup plus large que leur fonction commerciale.

Ils deviennent des points de rassemblement lorsque la ville célèbre, négocie, accueille ou traverse une crise.


Architecture et design

Le Royal York appartient à une génération plus urbaine des hôtels ferroviaires canadiens.

Son architecture conserve certaines influences Château, mais sa verticalité, sa composition et son implantation correspondent davantage aux grands hôtels métropolitains des années 1920.

La façade de pierre calcaire s’élève en plusieurs retraits jusqu’aux étages supérieurs. Cette progression allège visuellement un bâtiment pourtant immense.

À l’intérieur, les espaces publics associent colonnes, plafonds décoratifs, métaux, marbre, boiseries et lustres.

Les récentes rénovations ont cherché à conserver l’identité historique de l’hôtel tout en introduisant une esthétique contemporaine.

Le hall constitue le cœur du bâtiment.

Contrairement au Château Frontenac, où le fleuve et le paysage dominent l’expérience, le Royal York est tourné vers la vie urbaine. Son hall agit comme une place publique intérieure où se croisent clients, résidents, voyageurs, participants à des congrès et employés du quartier financier.

La salle de bal, la salle de concert, les salons et les étages réservés aux événements témoignent de l’échelle originale du projet.

L’hôtel ne fut jamais pensé comme un refuge intime.

Il fut conçu pour recevoir Toronto.


Chambres, suites et Fairmont Or

Le Fairmont Royal York propose aujourd’hui plus de 1 300 chambres et suites.

Comme dans plusieurs grands hôtels historiques, les dimensions et les configurations varient selon la catégorie et l’emplacement.

Les chambres Fairmont offrent l’expérience la plus accessible. Certaines sont relativement compactes, ce qui reflète la conception originale du bâtiment et le nombre exceptionnel de chambres qu’il devait accueillir.

Les chambres Deluxe et Luxury offrent généralement davantage d’espace, une configuration améliorée ou des rénovations plus poussées.

Les chambres avec vue peuvent donner sur la gare Union, Front Street, le quartier financier ou les tours du centre-ville.

Les suites proposent des salons séparés et davantage d’espace pour les séjours prolongés, les familles ou les occasions spéciales.

La Suite Royale demeure la plus étroitement liée à l’histoire de la monarchie. Elle a accueilli la reine Elizabeth II et d’autres membres de la famille royale.

Fairmont Or propose une expérience d’hôtel à l’intérieur de l’hôtel, avec un enregistrement privé, un service personnalisé et l’accès à un salon exclusif.

Le petit-déjeuner, les rafraîchissements et les canapés servis en soirée peuvent représenter une valeur intéressante dans une ville où les repas et les consommations s’additionnent rapidement.

Pour un court séjour, l’emplacement de la chambre peut être plus important que sa superficie.

Une chambre donnant sur la gare Union rappelle le lien ferroviaire du Royal York et offre une vue particulièrement urbaine de Toronto.


Restaurants et bars

Le Fairmont Royal York possède une offre de restauration qui attire autant les clients de l’hôtel que les résidents de Toronto.

REIGN Restaurant

REIGN est le principal restaurant de l’hôtel.

Son menu s’inspire des produits canadiens et d’une cuisine contemporaine adaptée aux petits-déjeuners, aux repas d’affaires et aux soupers plus élaborés.

Le décor évoque un grand manoir urbain, avec une ambiance plus chaleureuse que ce que laisserait présager l’échelle du Royal York.

REIGN Bar

Derrière un rideau de velours, REIGN Bar propose une atmosphère plus intime avec un piano, un foyer d’onyx, des cocktails et une programmation musicale.

Il convient particulièrement bien à un verre en soirée ou à une rencontre avant un spectacle.

Library Bar

Le Library Bar est l’une des institutions les plus connues du Royal York.

Malgré les transformations du bâtiment, il conserve l’atmosphère d’un bar d’hôtel classique. Livres, boiseries, fauteuils et cocktails rappellent une époque où l’on pouvait passer une grande partie de l’après-midi dans un salon sans ressentir le besoin de prétendre travailler.

Le bar est notamment connu pour son Birdbath Martini, servi dans un format suffisamment généreux pour justifier son nom.

CLOCKWORK Champagne & Cocktails

CLOCKWORK se trouve au centre du hall et représente le visage le plus contemporain du Royal York.

On y sert champagne, cocktails et petites assiettes dans un espace ouvert sur le mouvement de l’hôtel.

C’est l’endroit idéal pour observer la vie du hall, les arrivées, les départs et le ballet permanent d’un établissement comptant plus de 1 000 chambres.

MONOGRAM

MONOGRAM propose une expérience plus exclusive, centrée sur les cocktails, les spiritueux, les rencontres et les occasions particulières.

Les heures d’ouverture et les concepts peuvent évoluer. Il est donc préférable de vérifier les options disponibles avant le séjour.


Piscine, entraînement et bien-être

Le Royal York possède une piscine intérieure accessible aux clients de l’hôtel.

Le centre de bien-être comprend également un bain à remous et un sauna, ainsi qu’un centre de remise en forme moderne.

La salle d’entraînement est accessible en tout temps avec la carte de la chambre, tandis que la piscine fonctionne selon un horaire déterminé.

Ces installations sont particulièrement appréciables dans un hôtel urbain.

Après une journée de réunions, de visites ou de marche dans Toronto, la piscine permet de s’éloigner temporairement du rythme du centre-ville.

Des services de spa, de soins et de salon sont également proposés dans les espaces commerciaux de l’établissement.

Les clients ayant des besoins particuliers devraient vérifier les heures, les conditions d’accès et les installations disponibles avant leur arrivée.


Le jardin et les abeilles du toit

L’une des histoires les plus inattendues du Royal York se trouve sur son toit.

L’hôtel y entretient un jardin d’herbes aromatiques produisant des dizaines de variétés utilisées dans ses cuisines et ses cocktails.

En 2008, le Royal York devint le premier hôtel au monde à installer un rucher d’abeilles domestiques sur son toit.

Les ruches peuvent accueillir jusqu’à environ 600 000 abeilles pendant la haute saison. Elles produisent du miel utilisé dans les restaurants, les boissons et certaines expériences proposées par l’hôtel.

L’idée semble presque contradictoire.

Au milieu des tours, de la circulation et du quartier financier, des milliers d’abeilles quittent chaque jour le toit du Royal York pour trouver des fleurs dans les jardins, les parcs, les balcons et les espaces verts de Toronto.

Le projet soutient les pollinisateurs tout en rapprochant la production alimentaire des cuisines de l’hôtel.

Il ajoute également une nouvelle dimension à l’idée de ville à l’intérieur de la ville.

Le Royal York possédait autrefois un hôpital, une bibliothèque et une station de radio. Il possède maintenant une ferme urbaine et une population de plusieurs centaines de milliers de résidentes ailées.

Elles occupent probablement les plus petites chambres du bâtiment, mais bénéficient d’une excellente vue.


Mythes, légendes et fantômes

Un hôtel comptant plus de 1 000 chambres, près d’un siècle d’histoire et des millions de visiteurs finit inévitablement par accumuler quelques histoires inexpliquées.

Au Royal York, l’apparition la plus fréquemment évoquée serait celle d’un homme âgé aux cheveux gris portant une veste bordeaux ou pourpre.

Il aurait été aperçu dans les corridors du huitième étage, marchant silencieusement avant de disparaître.

Son identité demeure inconnue.

Certains récits parlent d’un ancien client. D’autres ne lui attribuent aucun nom ni aucune histoire précise. Il est simplement devenu l’homme du huitième étage, un visiteur permanent que les dossiers de l’hôtel ne permettent pas de retrouver.

Des clients ont également signalé des rires d’enfants et des bruits de pas dans des corridors vides.

Après avoir ouvert leur porte pour demander un peu de calme, ils n’auraient trouvé personne de l’autre côté.

La Crystal Ballroom occupe une place particulièrement importante dans les légendes du Royal York.

Cette grande salle située dans les étages supérieurs fut fermée pendant plusieurs années. Malgré son inactivité, des clients logés en dessous auraient entendu de la musique, des conversations, des pas et les bruits d’une réception.

Des ascenseurs de service se seraient aussi arrêtés à l’étage sans qu’aucun passager ait demandé à s’y rendre.

La Crystal Ballroom a depuis été restaurée et remise en service. Les bals, réceptions et événements ont donc officiellement repris, ce qui complique quelque peu l’identification des fêtes surnaturelles. Les fantômes ont maintenant une excellente excuse.

Une histoire plus sombre concerne un ancien employé qui se serait enlevé la vie dans une cage d’escalier près des étages supérieurs.

Des membres du personnel auraient entendu des cris ou des pas dans cet escalier sans trouver personne.

Il faut traiter ce récit avec prudence. Les versions varient, les sources historiques demeurent difficiles à confirmer et une mort tragique ne devrait pas devenir un simple outil de divertissement.

Comme pour les autres hôtels de la série, il est utile de distinguer les faits, les traditions de l’établissement et les légendes transmises par les clients.

Le Royal York confirme son histoire ferroviaire, ses visiteurs célèbres et ses grandes salles.

Pour l’homme à la veste bordeaux et les enfants invisibles, le registre des réservations reste étonnamment silencieux.


Ce qu’il faut voir à l’intérieur

Il est possible de découvrir une partie du Royal York sans y passer la nuit.

Le hall

Le hall représente le cœur social de l’hôtel. Les colonnes, les plafonds, les luminaires et CLOCKWORK permettent de mesurer l’échelle du bâtiment.

Le Library Bar

Un cocktail ou un repas léger au Library Bar offre une expérience classique du Royal York.

La salle de concert

L’accès dépend des événements en cours, mais la salle conserve son plafond à caissons, sa scène, son balcon et ses lustres.

Les salles de bal

Les espaces de réception illustrent le rôle du Royal York dans l’histoire sociale, politique et commerciale de Toronto.

Les passages souterrains

Les connexions avec la gare Union et le réseau PATH rappellent que l’hôtel fut conçu comme une extension naturelle du chemin de fer.

La façade depuis la gare Union

Le meilleur point de vue sur le Royal York se trouve probablement de l’autre côté de Front Street.

Depuis les marches ou les abords de la gare Union, on comprend immédiatement la relation entre les deux bâtiments.


Les attraits à découvrir autour de l’hôtel

L’emplacement du Fairmont Royal York permet d’explorer plusieurs des principaux attraits de Toronto à pied.

La gare Union

La gare mérite d’être observée au-delà de sa fonction de transport. Son grand hall, ses colonnes et son architecture rappellent l’âge monumental du voyage ferroviaire.

La tour CN

La tour CN se trouve à quelques minutes de marche. Elle propose des plateformes d’observation, un plancher vitré et le restaurant tournant 360.

Ripley’s Aquarium of Canada

Situé près de la tour CN, l’aquarium constitue l’un des attraits familiaux les plus populaires du centre-ville.

Le Rogers Centre

Le stade accueille les Blue Jays de Toronto, des concerts et de grands événements.

Le Temple de la renommée du hockey

Même les visiteurs qui ne suivent pas régulièrement le hockey peuvent apprécier ses collections, ses trophées et ses expériences interactives.

Le marché St. Lawrence

Le marché historique se trouve à environ quinze minutes de marche. Il rassemble producteurs, bouchers, poissonniers, boulangeries et comptoirs de restauration.

Le secteur riverain

Les quais, Harbourfront Centre, les traversiers des îles de Toronto et les promenades du bord du lac sont facilement accessibles.

Le quartier des spectacles

Théâtres, salles de concert et restaurants se trouvent à une courte distance de l’hôtel.

Le Musée royal de l’Ontario

Le musée est plus éloigné, mais facilement accessible par métro depuis la gare Union.


Ce qu’il faut savoir avant d’y séjourner

L’hôtel est immense

Avec plus de 1 300 chambres, le Royal York fonctionne à une échelle considérable. Le hall, les ascenseurs et les restaurants peuvent être très fréquentés pendant les congrès et les grands événements.

Certaines chambres sont compactes

Les catégories d’entrée reflètent parfois les dimensions d’un hôtel conçu en 1929. Les voyageurs recherchant plus d’espace devraient comparer attentivement les catégories.

L’emplacement est exceptionnel

La gare Union, le métro, UP Express, VIA Rail, GO Transit et le réseau PATH sont pratiquement à la porte.

Une voiture est rarement nécessaire pour un court séjour au centre-ville.

Le stationnement est coûteux

Comme dans la majorité des grands hôtels du centre de Toronto, le stationnement entraîne des frais importants.

Arriver en train représente souvent l’option la plus simple et la plus cohérente avec l’histoire de l’hôtel.

Le réseau PATH est pratique, mais déroutant

PATH permet de circuler à l’abri entre la gare, les commerces, les immeubles de bureaux et plusieurs attraits.

Il est aussi parfaitement capable de transformer une promenade de cinq minutes en expédition souterraine de 40 minutes. Une carte ou une application peut être utile.

Fairmont Or peut ajouter de la valeur

Le petit-déjeuner, les rafraîchissements et les canapés peuvent justifier une partie du supplément, particulièrement pour les voyageurs qui passent du temps à l’hôtel.

Vérifiez l’accessibilité de la chambre

Des chambres accessibles sont offertes. Les voyageurs ayant des besoins précis devraient confirmer la largeur des portes, l’aménagement de la salle de bain et la proximité des ascenseurs.

Réservez les restaurants populaires

Le Library Bar, REIGN et certaines expériences peuvent être très demandés, surtout pendant les événements majeurs et le Festival international du film de Toronto.


Le Fairmont Royal York en vaut-il la peine?

Le Royal York ne propose pas le romantisme du Château Frontenac ni les perspectives historiques du Château Laurier.

Son expérience repose sur autre chose.

Il représente Toronto à l’époque où la ville affirmait son ambition de devenir une métropole mondiale.

Son hall animé, ses bars, ses salles de réception, son lien avec la gare Union et sa position au centre du réseau de transport en font l’un des hôtels urbains les plus fonctionnels du Canada.

Les chambres standards peuvent paraître petites et l’échelle de l’établissement ne convient pas nécessairement aux voyageurs recherchant une adresse intime.

Le Royal York est une grande machine hôtelière, parfois occupée, souvent animée et presque toujours en mouvement.

C’est précisément ce qui fait son intérêt.

On n’y séjourne pas pour s’isoler de Toronto. On y séjourne pour se trouver en plein cœur de son énergie.

Pour un voyage en train, une première visite, un événement sportif, un spectacle, le Festival international du film ou une escapade sans voiture, son emplacement est difficile à battre.

Le meilleur scénario consiste à arriver à la gare Union, traverser vers l’hôtel, déposer les bagages, puis découvrir la ville à pied ou en métro.

Près d’un siècle après son inauguration, le Royal York continue ainsi d’accomplir exactement la mission pour laquelle il fut construit.

Il accueille Toronto à sa porte et le reste du Canada à la sortie du train.


Le voyage ferroviaire se poursuit

Le Royal York marque une nouvelle étape dans notre traversée des grands hôtels ferroviaires du Canada.

Le Château Frontenac évoque la Nouvelle-France et domine le Saint-Laurent.

Le Château Laurier se dresse entre le Parlement et le canal Rideau.

Le Royal York appartient à la verticalité, au mouvement et à l’ambition urbaine de Toronto.

Tous trois furent construits par des compagnies ferroviaires, mais chacun répondait à une destination différente.

À Québec, il fallait créer une image romantique capable d’attirer les visiteurs.

À Ottawa, il fallait accompagner une nouvelle gare située au cœur de la capitale.

À Toronto, le Canadien Pacifique construisit une véritable ville verticale face au plus important carrefour ferroviaire du pays.

Depuis la gare Union, les rails se poursuivent vers l’ouest.

Ils traversent l’Ontario, atteignent Winnipeg et les Prairies, puis continuent vers Calgary, Banff, Lake Louise et Vancouver.

D’autres hôtels nous attendent le long du parcours.

Le Fort Garry garde l’entrée de l’Ouest canadien. Le Palliser accompagne l’essor de Calgary. Le Banff Springs transforme les Rocheuses en décor de château. Le Château Lake Louise se reflète dans un lac glaciaire.

Et dans plusieurs de leurs corridors, quelques clients semblent également avoir oublié de faire leur départ.


Planifiez votre séjour au Fairmont Royal York avec ÆRIA Voyages

Un séjour au Fairmont Royal York peut s’intégrer à une escapade à Toronto, à un voyage avec VIA Rail ou à un itinéraire ferroviaire reliant Québec, Montréal, Ottawa et Toronto.

Le choix de la catégorie de chambre est important, particulièrement lorsque l’on compare les chambres Fairmont, les chambres avec vue, les suites et l’expérience Fairmont Or.

L’itinéraire peut également inclure la tour CN, l’aquarium Ripley, le marché St. Lawrence, les îles de Toronto, un spectacle, un événement sportif ou une extension vers Niagara Falls.

ÆRIA Voyages peut organiser l’hébergement, le transport ferroviaire, les visites et les expériences selon le rythme, les intérêts et les besoins d’accessibilité de chaque voyageur.

Yvan Junior Blanchette
Spécialiste des voyages et des croisières
ÆRIA Voyages
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